MON DOUX PAYS, COMME JE LAIME
Mon doux pays, comme je laime !
Mon cur lui appartient.
Pour toi je chante, ô mon bonheur,
Mon Estonie en fleurs !
Ta douleur bout au fond de moi,
Ton bonheur et ta joie sont miens,
Ô mon pays !Mon doux pays, comme je laime !
Point ne le quitterai,
Dussé-je pour lui succomber
De plus de mille morts !
Quimportent les ragots jaloux !
Tu vivras toujours dans mon cur,
Ô mon pays !Mon doux pays, comme je taime !
Je voudrais mendormir,
Reposer tout au creux de toi,
Mon Estonie sacrée !
Tes oiseaux chanteront pour moi
Tes fleurs pousseront sur mon corps,
Ô mon pays !JUSQUÀ MON DERNIER SOUFFLE
Jusquà mon dernier souffle
Je désire taimer,
Sentier bordé de fleurs,
Ma patrie embaumée !
Ruisseaux et pâturages,
Ma langue maternelle,
Je dirai vos louanges
Jusquà lheure dernière !Tendrement, ô ma terre,
Tu portes tes enfants,
Les nourris, les protège,
Puis recueilles leur corps !
Jaime mieux respirer
Dans tes bras, mon pays,
Que dêtre heureuse ailleurs,
En un lieu étranger !Tes garçons sont si sages,
Si braves et si forts !
Et tes filles fleurissent
Comme de jolies plantes !
Ton vent et ton soleil
Te maintiennent en fleurs ;
Et les ailes de laigle
Te couvrent tendrement !Pourtant, à tes paupières
Souvent perlent des larmes.
Ô mon pays, espère !
Car les temps changeront.
Lavenir donnera
Un surcroît de confiance.
Marche la tête haute !
Le temps porte conseil.DISPARU
Dans le pré du village un petit ruisseau coule,
un tilleul touffu se dresse sur sa berge :
ensemble, souvent, nous nous sommes tenus là.
La cime se tordait et semblait nous parler,
le murmure de leau était comme un discours
jentendais en tout un chant de bonheur.Aujourdhui, à nouveau, ces voix me parviennent
le bonheur sest enfui, je nai plus que mes larmes !
Le tilleul est bien vert ; les fleurs sépanouissent ;
et leau du ruisseau coule toujours vite
mais cest de ma douleur que me parlent les voix,
et de ton mensonge, amour disparu.Traduit de lestonien par Antoine Chalvin