JE TE SALUE, MATINJe te salue, matin,
Et vous, rosée, air de lété,
Bruissement doux de la forêt,
Et toi, voûte du ciel dazur !
Dites-moi, délicates fleurs :
Fleurissez-vous pour moi ?
Répondez-moi, beaux oiselets :
Est-ce pour moi que vous chantez ?Qui donc répond à mon salut,
Les soirs dété, dans la rosée ?
Qui regarde, quand je soupire,
Ce que jai au fond des yeux.
Qui donc me dit : Ô fleur,
Cest pour moi que tu dois fleurir ?
Qui me demande quand je chante :
Ce chant est-il pour moi ?Calme-toi donc mon cur
Que nul na jamais salué !
Entonne des chants dallégresse
Même si rien ne ty oblige !
La fleur ne désire quéclore,
Loiseau ne chante que pour lui,
Alors fleuris et chante aussi
Seulement pour toi-même !(1864)
Traduit de lestonien par Antoine Chalvin