LA FIN ET LE COMMENCEMENT
Le sentez-vous : la terre tremble !
Entendez-vous : le sang rugit !
Maintenant, cest oui ou non !
La mer déjà couvre les côtes.
Tenez-vous prêts !Nous sommes là, aux portes de deux mondes :
lun est lobscurité et lautre la lumière.
Jeunes gens aux yeux brillants, nous attendons :
et cela vient : la fin et le commencement !
Il était temps !MON ÎLE
Je rame et rame sur la mer,
à la recherche dune île.
Voici déjà longtemps que je lespère
sur les flots vastes et tranquilles.Il y a sur londe infinie
bien des îles et des ports.
Mais mon bel îlot, mon si joli rêve,
je ne lai point trouvé encor.Je rame et roule sur la mer,
comme moi roulent les flots,
très haut dans le ciel ondoient les nuages
toujours je cherche mon îlot.LE TEMPS DE LA JEUNESSE
Il y a le temps de rire et celui de pleurer,
le temps pour essuyer ses larmes.
Le temps fixé pour vivre et pour mourir,
et le temps pour dormir sous la terre noire.Mais quel est le temps de la jeunesse ?
Ce nest pas celui de jeûner ni de supplier,
ni de se faner en se fatiguant lâme :
cest le temps de fleurir, de goûter le bonheur
et de saccrocher au cou dun être aimé.DIRECTIVE
Celui dont le lot est de briller comme un soleil,
quil brille sur le monde entier !
Celui dont le devoir est de frapper comme la foudre,
quil frappe fort et sans pitié !LE PRINTEMPS ET LAUTOMNE
Tu es lenfant insouciante du printemps
le printemps même.
Je suis le fils du ténébreux automne
lautomne même.Mais je désire le printemps.
Je tends les mains vers toi,
printemps ! et tu ne tenfuis pas,
tu tombes dans mes bras.
Printemps et automne embrassons-nous :
de nos baisers naîtra lété.CHANSON DAUTOMNE
La terre est noire et le ciel gris.
Il pleut, il pleut à linfini.La brume noie mes volontés.
Cur malade, esprit hébété.Ah si la pluie pouvait cesser !
la brume au vent se disperser !Mais le temps se couvre en silence.
Le jour prend fin, le soir savance.Où donc finira le chemin ?
Noire et profonde, la nuit vient.Sil y avait au moins une étoile qui luit !
Si encore on voyait le bout de cette nuit !Traduit de lestonien par Antoine Chalvin