LES CORAUX DANS LA RIVIÈRE
Je me souviens de ces instants
où larc-en-ciel
sur leau
brillait.
Nous étions sur le pont de fer.
Devant toi
une route amère.
Le temps m'offrait tous ses trésors.
Devant toi
une route amère.
Depuis le pont, moi,
jai lancé
dans leau
mon collier de corail.
Les trésors de mes temps sont gris.
Pâle
est la vérité divine.
Il ny a plus que les coraux
qui parfois brillent
au fond de leau.
Traduit de lestonien par Antoine Chalvin
LA DETTE
Pourrai-je un jour payer la dette de mon âme ?
On a dabord saisi
mon châle
et ma fibule,
ma fleur enchantée, mon miroir magique,
et ma flûte
à la voix dargent.
Et puis lon ma ôté le verre où je buvais,
On a pris ma joie, ma force de vivre,
On a pris ma maison,
ma lumière et mon feu
mais la dette,
ma dette
nest pas effacée.
Si jespérais jadis, aujourdhui je sais bien
ce que lon veut encore : il me faut mettre en gage
mon ultime douleur
et mes dernières larmes
mais la dette,
ma dette
nest pas effacée.
En rêve, il me paraît que tout devient possible,
léternité
semble soudain mappartenir,
à moi
tous les bonheurs et les tapis de fleurs,
les millions de monnaies du monde,
tous les chants, les envols, la Voie Lactée
mais la dette,
ma dette
nest pas effacée.
Traduit de lestonien par Antoine Chalvin