Poèmes
Moi l’impatiente
j’ai appris
à faire la queue au comptoir du café Werner
rester debout n’est pas un problème (…)

Moi l’impatiente
j’ai appris
à faire la queue au comptoir du café Werner
rester debout n’est pas un problème (…)
Irma Vainu avait déjà dix-neuf ans lorsqu’elle acheva, au printemps, ses études au lycée de sa bourgade natale. Comme elle avait fait sa confirmation ce même printemps, elle put recevoir son brevet vêtue de la robe blanche qu’elle portait donc, en cet instant capital, pour la deuxième fois seulement …
Le fils de Paristaja prit pour sept ans le diable à son service, à la condition que le diable le servirait sans riposter comme ouvrier et qu’il ferait en toutes choses la volonté de son maître. Pour ce service fidèle, le fils de Paristaja lui promit son âme …
Une fois les enfants d’un village étaient dans la forêt pour garder les chevaux. La nuit était froide et le brouillard était si épais que les enfants ne pouvaient se réchauffer autour du feu et qu’ils grelottaient. Une fillette intelligente dit : J’aime mieux courir que geler ici, et elle se mit à courir …
Une nuit je me suis réveillé en entendant derrière la porte de ma chambre
le son d’une respiration torturée.
Pour quelque raison j’ai été aussitôt certain que
c’était le Christ de l’icône que mon père
m’avait offerte …
les mots d’une langue étrangère
flottent en bancs serrés
sous la sombre surface de l’eau
certains remuent encore
leurs ventres blancs sont tournés vers moi …
je suis une capitaliste déguisée en féministe
Kim Kardashian et Ivanka Trump
invitation et chant nuptial
jeunesse éternelle et seins bombés
Des signes inquiétants flottaient déjà dans l’air ce matin-là. Mais Jaan le comprit seulement plus tard. Après dommage, chacun est sage, comme dit le proverbe. Tout d’abord, quand il s’approcha de la fenêtre avec sa tasse de café, comme à son habitude, pour voir le temps qu’il faisait dehors, une averse se déclencha de façon totalement inattendue, comme si quelqu’un là-haut avait ouvert à fond un robinet de douche. La pluie tombait dru, des flaques se formèrent en quelques minutes et se mirent à bouillonner sous les gouttes …
Quoi de plus exaltant que d’être sur un terrain plat, mais visible de tous, comme si on se trouvait au sommet d’une colline. Ici, dans la plus longue rue de Kalamaja — bon, en fait je ne connais pas sa longueur exacte, donc il ne faut pas prendre cela trop au pied de la lettre —, il y a une maison qui, si on la regarde d’un peu loin, semble être située au sommet d’une colline. Même si, en réalité, il n’y a pas de colline, ce n’est qu’une illusion …