La guerre de Mahtra

« Comment trouvez-vous notre pays, Mlle Marchand ?
    — Vous voulez dire la nature ?
    — Oh, non ! Je comprends bien que notre maigre nature n’a rien qui soit susceptible de vous intéresser.
    — Mais si, M. le Baron. La nature est toujours intéressante, quelque forme qu’elle revête …

Le nouveau Vieux-païen du Fond-de-l’enfer

Lorsque Jürka apprit que sa bonne femme était morte, il parla de l’affaire à Ants. Celui-ci était toujours de bon conseil, il donna à Jürka des planches et des clous, une scie et un rabot, pour qu’il puisse de sa propre main fabriquer un cercueil pour sa vieille …

Nuances

Ces derniers jours, je n’ai pas approché la forêt du bord de mer – j’avais ce faisant l’impression de résister à quelqu’un. Mais ce matin je n’y tenais plus, il fallait que j’aille voir de nouveau ce haut promontoire aux roses odorantes …

La nuit des esprits

L’histoire que je veux aujourd’hui raconter commença le soir d’un trente et un décembre, et ce n’est sans doute pas un hasard — mais le hasard pourrait-il suffire à excuser quelque chose ?
    Le soir de la Saint-Sylvestre, avec celui de la Saint-Jean, a toujours été pour moi un des plus difficiles de l’année …

Le voile de la promise

Lorsque ma fille entra dans l’ordre des tertiaires de saint Dominique, pour la première fois depuis longtemps je fus heureuse pour elle. Sur le moment, cela m’apparut incompréhensible …

Amour et liberté

Me voici donc chez moi, dans ma maison, devant la fenêtre. Me voici de retour dans la ville où je suis née. Quand je suis devant la fenêtre et que je dessine, je sais que je suis vraiment revenue chez moi …

Hektor

Aujourd’hui j’ai réalisé que ça ne peut plus durer très longtemps ainsi. Les vivres me permettraient de tenir encore un an environ. C’est une vraie forteresse, ici. Mais les caméras de surveillance m’ont permis de repérer des silhouettes menaçantes qui évoluaient autour de notre jardin …

L’Œil

I. et moi étions de la même promotion, mais je n’aurais jamais fait sa connaissance sans cette campagne d’automne au kolkhoze, où il s’enivra et se mit soudain à parler …

Toomas Nipernaadi

(Deuxième chapitre de Toomas Nipernaadi). Il allait par les chemins poussiéreux en sifflant et en jouant. Il passait la nuit dans la forêt, au bord des lacs ou dans les coudes des rivières, mais dès que le soleil se levait, il piétinait le feu du foyer, dispersait les tisons brûlants et poursuivait sa route …

Le flotteur

(Premier chapitre de Toomas Nipernaadi). Un rayon du soleil matinal s’insinue dans la chambre par la fente étroite de la fenêtre. Loki se lève d’un bond, jette un châle sur ses épaules et se précipite dehors… Pendant la nuit, le Mustjõgi, libéré de sa gangue de glace, a débordé …